Malaisie – La jungle du Taman Negara

Après quelques jours à Kuala Lumpur, on a pris un bus pour ce qui m’effrayait le plus dans ce voyage, la jungle. La Malaisie compte plusieurs parc nationaux dont le plus grand est celui du Taman Negara (parc national en malais) situé au centre du pays qui est en fait une jungle qui s’étend sur plusieurs milliers de km2. La jungle du Taman Negara est l’une des forêts primaire la plus ancienne au monde, on l’estime à 130 millions d’années! J’avais tout entendu à son sujet: nature incroyable, foules de touristes, passerelle suspendue dans la canopée, humidité, arbres immenses, sansgsues, etc. Et finalement j’ai adoré, ça n’a pas été de tout repos mais une étape inoubliable de notre voyage.

Sur la route, les plantations de palmiers à huile s’étalent à perte de vue, les autoroutes sont modernes, si ce n’est que parfois les resto-routes ressemblent plutôt à des hawkers (food-court) à ciel ouvert.

A mi parcours, nous avons laissé notre bus pour monter dans une pirogue, nous avons fait les derniers kilomètres qui nous séparaient du parc sur la rivière ocre qui jalonne le Taman Negara. Une balade de 3 heures où on voit le paysage lentement défiler, quelques buffles, des oiseaux et surtout la végétation. On entre peu à peu dans jungle et c’est assez magique de se dire que juste là derrière il y a des animaux et la jungle à perte de vue. Au bout de 3 heures, on est arrivés au village de Kuala Tembelling, on a rejoint notre guesthouse et mangé au bord de la rivière. Le village n’a pas grand intérêt et est très touristique mais c’est une bonne base pour explorer le parc.

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Le lendemain, on a traversé la rivière avec un petit bac (le village est situé sur l’autre rive que l’entrée du parc) et on est allés nous enregistrer au bureau du parc. Et enfin, on a commencé notre aventure dans la jungle! Il y a plusieurs parcours, plus ou moins longs et plus ou moins difficiles. Ils sont bien balisés, surtout à proximité de l’entrée du parc et ils sont même parfois aménagés avec des planches en bois.  Il faut savoir que marcher dans la jungle est très différent que dans un un environnement habituel. L’air est extrêmement humide, on se retrouve très vite trempé et il fait très chaud.  On progresse d’autant plus lentement que pour observer la faune et la flore il faut prendre son temps, rester silencieux et tendre l’oreille.

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On a choisi un parcours qui fait une boucle d’environ 4km. Dès les premiers mètres, on s’est trouvés plongés dans une végétation incroyable, on s’émerveille devant les troncs immenses des arbres centenaires, leurs racines qu’on confond avec des lianes, les fleurs un peu étranges et on écoute les bruits. Je ne m’y attendais pas mais la jungle est très bruyante, des bruits d’oiseaux, parfois de singes, des crissements de feuilles. On est vraiment immergés dans un environnement inconnu avec des sensations auxquelles on n’est pas forcément habitués. Il faisait très humide, il y avait même de la buée sur l’objectif de l’appareil photo. Au début du parcours, il y avait d’autres touristes devant et derrière nous mais très vite, chacun a trouvé son rythme et on s’est retrouvés presque seuls.  Jusqu’à ce qu’on tombe sur un attroupement de randonneurs, et ça c’est le signe qu’il y a des animaux. Cette fois-ci, c’était des énormes araignées rouges et noires. Plus loin, on a entendu un bruit, et juste là derrière les branches, un énorme phacochère qui s’est enfui dès qu’il nous a vu.

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Et puis on est arrivés à Canopy Walkway, la passerelle dans la canopée. Il s’agit de 14 ponts suspendus à plusieurs mètres du sol et reliés entre eux qui offrent une vue magnifique sur la jungle. Il vous en coûtera quelques ringgits, la monnaie locale, mais prendre un peu de hauteur, c’était vraiment une sensation magique avec un petit côté Indiana Jones! Attention, le vendredi (jour de prière dans cette région plutôt musulmane) la passerelle ferme à 12h, on est tombés sur des touristes très déçus d’avoir manqué ça!

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Après la passerelle, on a continué notre route en direction de Bukit Teresik, un point de vue incroyable en hauteur au dessus de la jungle. C’est là qu’on s’est vraiment rendus compte de l’immensité du parc et on s’est vraiment sentis tout petits. On a repris notre chemin, aperçu des gibbons tout en haut des arbres et terminé notre boucle par une baignade rafraîchissante dans la rivière à Lubok Simpon.

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Le lendemain, on a pris une pirogue pour nous rendre aux cascades de Lata Berkoh. Là encore, le trajet sur la rivière était magnifique dans la lumière encore matinale. Essayez de réserver une pirogue à plusieurs car les bateliers font payer assez cher ce service.

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Après notre baignade, on a demandé à nos bateliers de nous accoster en chemin le long du parc dans un endroit où on pouvait retrouver un chemin de randonnée pour revenir à pied jusqu’à l’entrée du parc. Et c’est là qu’on a découvert la vraie jungle…Je n’ai toujours pas compris pourquoi, mais nous n’avons jamais pu trouver le chemin de randonnée. Après 3 mètres, les pistes étaient brouillées par la végétation, les marques jaunes dans les arbres invisibles, les sangsues que nous n’avions pas encore vues ont commencé à grimper sur nos pieds, on se frayait un chemin à travers les toiles d’araignées, bref, on était perdus! Après une heure à tourner en rond pour trouver notre chemin sans succès et en perdant peu à peu nos repères, on faisait moins les malins et on a décidé de retourner vers la rivière en nous guidant par le bruit de l’eau. C’est finalement un batelier hilare qui nous a récupérés, ne comprenant pas comment il était possible que nous nous soyons perdus. Et moi non plus je ne sais pas comment on a fait pour ne pas trouver ce fichu chemin pourtant censé être entretenu par les populations locales, les Orang Asli, qui vivent dans le parc. On a franchement eu bien peur et après avoir raconté notre mésaventure, d’autres touristes nous ont racontés s’être perdus aussi, ne sachant pas quel chemin prendre à un croisement.

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Malgré cette petite mésaventure dont on rit aujourd’hui, ces deux jours au Taman Negara restent un souvenir inoubliable. Alors c’est sûr, c’est assez touristique mais les groupes ne vont souvent pas plus loin que la Canopy Walkway et finalement tout le monde se répartit assez bien, on n’est clairement pas les uns derrière les autres. On peut vraiment avoir une expérience assez incroyable et se retrouver seul dans cet environnement vaut vraiment la peine. Il faut avoir de la chance pour voir de grands animaux mais restez silencieux, ouvrez l’œil et apprenez à écouter les bruits de la jungle.


Quel parcours choisir ?

Le parcours que  nous avons fait le premier jour est un itinéraire classique qui se fait très facilement. Le chemin est bien balisé et pas difficile bien qu’on avance très lentement dans la jungle. Vous retrouverez facilement les différents noms de lieux cités dans l’article sur la carte (plutôt rudimentaire) fournie par le parc. Pour les autres parcours, mieux vaut partir depuis l’entrée du parc et ne pas essayer de retrouver un sentier en cours de route même si je reste persuadée que nous n’étions pas bien loin !

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Sachez que plusieurs agences proposent des excursions avec un guide, notamment sur 2 jours avec une nuit dans une grotte, qui permettent de s’enfoncer un peu plus dans la jungle et d’avoir éventuellement plus de chance de voir des animaux un peu plus impressionnants (éléphants, tigres).

Avec pas mal de réticences, nous avons quand même fait une ballade organisée dans le parc pour voir la jungle de nuit. Sincèrement, c’est un peu l’usine, il y a vraiment beaucoup de touristes, tous les uns derrière les autres avec leurs lampes de poche et vous restez très proches de l’entrée du parc. Par contre, cela permet d’en apprendre un peu plus sur le parc et de voir certains animaux visibles uniquement de nuit: des serpents, des scorpions phosphorescents, des phasmes etc. Mais on perd quand même le charme d’être presque seul dans la jungle, je ne le recommande pas vraiment.

Que prendre dans son sac pour un petit trek?

Prenez plusieurs bouteilles d’eau si vous prévoyez de passer la journée dans la jungle, on se déshydrate vite. On avait aussi pris un petit pic-nic tout préparé qu’on a trouvé dans un stand de nourriture locale dans le village avec du riz et de la viande en sauce emballés dans une feuille de bananier séchée et un petit sachet plastique. C’était délicieux et bien pratique!

Pour les vêtements, mettez des habits couvrants mais légers, des chaussures de marche ou des baskets légères et des chaussettes hautes pour les éventuelles sangsues. Si vous n’êtes pas trop sensibles vous n’aurez pas besoin de casquette ou chapeau, on est presque tout le temps à l’ombre! Prenez éventuellement une petite serviette en microfibre, ça peut être agréable pour s’éponger un peu.

Comment y aller?

On est partis depuis Kuala Lumpur et on a choisi le confort et on a réservé un transport en bus avec une compagnie bien rodée de Chinatown, HAN Travel. C’est un peu l’usine mais ça nous a bien servi. Le voyage était tout compris, d’abord un bus, puis la pirogue. Mais le trajet est tout à fait faisable sans passer par un organisme, en prenant des bus publics et c’est nettement moins cher. Depuis Kuala Lumpur, vous devrez prendre un bus pour la ville de Jerantut, puis changer pour un bus direction Kuala Tahan, le village en face de l’entrée du parc. Par contre, pas sûre que vous puissiez vous y rendre aussi en pirogue et c’est quand même dommage, c’était une expérience inoubliable. Cette agence propose aussi des packs tout faits avec hôtel et excursions mais vous avez meilleur temps de vous débrouiller par vous-mêmes.

Où loger?

Nous avons logé à dans la guesthouse Parklodge chez un ancien garde forestier du parc qui a aménagé des petits bungalows dans un jardin arboré et fleuri au bord de la rivière, un petit peu l’écart du village mais tout à fait accessible à pieds. C’est très rudimentaire, il ne faut pas s’attendre à plus qu’une petite cabane, deux lits, un ventilateur et une salle de bain, le tout assez vieillot mais ça nous convenait tout à fait et nous mettait encore un peu plus dans l’ambiance jungle, et aussi très très bon marché.

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Il y a un joli petit spot pour regarder la rivière et duquel on pouvait voir des singes se balancer dans les arbres. Il y avait aussi tout un tas de moulages de vraies empreintes d’animaux du temps où le propriétaire travaillait dans le parc (éléphant, rhinocéros, tigre, etc.). Il est intarissable sur la jungle et nous a raconté plein d’anecdotes intéressantes comme les plusieurs mois qu’il avait passé dans la jungle sans en sortir pour accompagner un équipe de scientifiques japonais! Nous avons passés de très bons moments. Rassurez-vous, si vous être moins dans une optique « backpacker » , il y a plein d’autres options un peu plus confortables.

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